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dimanche, 09 novembre, 2008
[Méditer]
Objectifs intemporels
L'homme contraint à l'inactivité se fixe des objectifs intemporels. (J.de Launay, La Belgique à l'Heure allemande, p.257)
samedi, 08 novembre, 2008
OFLAG II A Prenzlau | Jeux
Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)
Divers...
De nombreux officiers jouaient aux cartes et de multiples tournois de bridge, de couillon et d'échecs ont été organisés, surtout l'hiver.
OFLAG II A Prenzlau | Lire
Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)
Bibliothèque
Une bibliothèque de 6000 volumes environs existe au camp, composée de livres de tous les genres: délassement, études, étrangers. Un atelier de reliure les maintient en bon état et de nombreux officiers se sont initiés aux mystères de cet art.
OFLAG II A Prenzlau | Formation
GABRIEL, Jean : Le Cauchemar de la Captivité (inédit) in "La Belgique Militaire"
La lutte contre l'ennui....
(...) Pour passer le temps, de nombreux prisonniers se mirent à enseigner ce qu'ils savaient : langues, technique automobile, mathématiques, littérature, à quiconque voulait bien les écouter. Si l'on songe que certains officiers de réserve étaient historiens, professeurs d'université, artistes, on comprendra que les Oflags aient pu prendre des allures de petites universités (...)
Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)
Utilisation des Loisirs
Les nombreux cours de toutes espèces qui avaient été organisés lorsque près de 1000 officiers de réserve, dont de nombreux professeurs, étaient à Prenzlau, ont dû être supprimés ou modifiés à leur départ. De nouveaux cours devaient reprendre en octobre, avec les éléments de l'active présents au camp. Des cours pour les différentes promotions de l'école militaire s'organisaient avec les professeurs et les répétiteurs de l'école. Certains groupements s'étaient aussi formés dans le but de maintenir et de développer les qualités morales et civiques des jeunes officiers et d'autres s'étaient donné pour tâche l'étude des questions sociales, des réformes à proposer après la guerre, etc..., etc... La plupart ont été désorganisés par le départ des officiers de réserve.
OFLAG II A Prenzlau | Sports
GABRIEL, Jean : Le Cauchemar de la Captivité (inédit) in "La Belgique Militaire"
La lutte contre l'ennui....
(...) ceux qui ne se sentaient pas trop affaiblis firent de la gymnastique et pratiquèrent le deck-tennis, la balle-pelote ou même football.
Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)
Sports:
De nombreux officiers de tous âges et de tous grades s'adonnaient au sport et à l'éductation physique. Des cours de moniteurs avaient été créés par les professeurs de l'I.M.E.P. et de nombreuses reprises se succédaient au gymnase et sur le terrain de sport. Un tennis couvert existait dans la salle de gymnastique mais les balles devenaient introuvables; de nombreux cours de deck-tennis existaient mais les anneaux sont rares. Un terrain de football existait entre les blocs, de nombreux matchs s'y sont disputés, mais les chaussures manquent.
Plusieurs fois par an, de grandes compétitions sportives avaient lieu parmi les nombreux athlètes du camp. Les bains de soleils étaient aussi très à l'honneur à la bonne saison et les adeptes du nudisme presque intégral très nombreux. Les tables de ping-pong avaient également de nombreux fervents.
Pendant la bonne saison, les officiers pouvaient aller au bain installé à 40 minutes du camp, au bord du lac. On s'y rendait par groupe de 100, avec un officier allemand et quelques sous-officiers pour encadrer; on devait signer une déclaration sur l'honneur par laquelle on s'engageait à ne pas s'évader à l'occasion du bain. Malheureusement, il y avait tant de désireux qu'on ne pouvait guère en profiter que 3 ou 4 fois pendant la saison.
OFLAG II A Prenzlau | Arts
GABRIEL, Jean : Le Cauchemar de la Captivité (inédit) in "La Belgique Militaire"
La lutte contre l'ennui....
Heureusement, des pays neutres expédièrent dans les camps des livres, des instruments de musique, du matériel de sport et de théâtre. On lut, on étudia, on constitua de petits orchestres; (...)
Cependant, le génie des captifs trouva son accomplissement dans le théâtre qui fut, pour la communauté cernée de barbelés, la distraction par excellence. Il ne fallut pas six mois pour que des troupes théâtrales naissent dans les camps. Les résultats étaient presque incroyables. On riait, on s'attendrissait, on perdait conscience d'être prisonniers, on oubliait totalement que la jolie jeune femme était sous-lieutenant et qu'un major tenait le rôle de la belle-mère jalouse. Dans les premiers temps, les hommes qui tenaient les rôles féminins se croyaient obligés de prendre une voix aiguë, mais cela sonnait faux; ils parlèrent bientôt avec leur voix naturelle, et nous nous y habituâmes rapidement.
On jouait des comédies, des drames, des opérettes. Je me rappelle les Amants terribles de Cocteau, Marius de Pagnol, Sixième Etage de Gehry, Zuster Beatrijs de Teirlinck, l'Arlésienne avec la participation de l'excellent orchestre à cordes du camp. Aussi, des pièces composées par des prisonniers, comme l'Echiquier du Roy du regretté Fernand Ducarme, de délicieuses revues poétiques de Camille Biver, des sketches où nos geôliers étaient moqués si adroitement que le censeur allemand embusqué dans la salle n'y voyait que du feu.
La salle de spectacle était un garage glacial en hiver et surchauffé en été. Les décors étaient à base de boîtes à converve, de planches prises à nos lits, de toiles d'emballage et de carton. Les perruques étaient faites de copeaux collés. Parfois, le gong sinistre de l'appel interrompait la pièce au meilleur endroit. Il n'empêche ! Ce théâtre de captivité nous fut plus cher, plus précieux que ne peuvent l'être pout nous, aujourd'hui, les belles réalisations des meilleures compagnies théâtrales, et nous avons une dette de reconnaissance envers tous ceux qui y collaborèrent, soit en scène, soit dans la coulisse, en dépit de leurs découragements, de leurs inquiétudes personnelles et de la sous-alimentation générale.
Maj. LEGRAND, officier évadé le 22 juillet 1943 : Rapport sur les Conditions de Vie des officiers belges prisonniers à l'Oflag II A, à Prenzlau (Londres, le 29 février 1944)
Théatre, Chorales, Music-hall, Concerts...
De nombreuses troupes françaises, flamandes et régionales existaient avant le départ des officiers de réserve. Tout était en réorganisation lors de mon départ. Les résultats qui avaient été obtenus étaient magnifiques et vraiment incroyables; au début, peu de moyens et peu d'instruments, mais petit à petit, grâçe à des prodiges d'ingéniosité et à des envois de Belgique, les ressources étaient meilleures et plus nombreuses. Presque tous les jours, il y avait l'un ou l'autre spectacle, concert ou audition en dehors des cours et conférences. De nombreux auteurs, acteurs et artistes ont fait applaudir leurs talents variés par des salles enthousiastes et toujours combles. Ces délassements constituaient l'un des meilleurs dérivatifs pour les prisonniers.
Divers...
(...) D'autres (officiers) se sont adonnés à la marqueterie, au dessin, à la sculpture et à la peinture. Des expositions périodiques avaient lieu et de nombreuses oeuvres et objets ont pu être renvoyés en Belgique.
Edited on: samedi, 08 novembre, 2008 5:36 PM
Categories: La Lutte contre l'Ennui, Oflag II A Prenzlau